Ce monument est une idée de Louis Dewailly, ancien maire d’Amiens, qui légua 25 000 francs à la commune pour qu’elle édifie une horloge permettant aux Amienois de ne pas rater leur train. L’oeuvre est confiée à deux personnes : Charles-Emile Riquier qui créa le corps du monument et Albert Roze qui fût chargé de l’ornement.

L’histoire de la statue

    Après les nombreux bombardements de la seconde guerre mondiale, les amiénois  retrouvent une ville détruite, seul le quartier bourgeois d’Henriville, le pittoresque quartier populaire de Saint-Leu aujourd’hui réhabilité et la cathédrale sont épargnés. Les habitants ne reconnurent leur place Gambetta qu’à la fameuse horloge se dressant au milieu des monceaux de gravats et de quelques pans de murs effondrés.

En octobre 1953, l’horloge fut démontée et abandonnée en plein air, au dépôt Beauvillé des Ponts et Chaussées. La belle horloge dressée place Gambetta vécut ici ses derniers moments. Les enfants en firent leur aire de jeux. L’un d’eux, historien amiénois, se souvient encore avoir couru, tel un équilibriste, sur la structure métallique rouillée. Des habitants, scie à métaux en main, venaient se servir en morceaux de métal, notamment les parties en bronze et en cuivre vendues à bon prix chez les ferrailleurs.

Seule Marie sans Chemise échappa aux convoitises. Elle sera ensuite remise en place, mais elle restera longtemps orpheline de sa colonne et de son horloge. En 1965, l’horloge Dewailly fut retrouvée par des étudiants en médecine et transmise aux services techniques de la ville pour être installée sur un socle, sur la placette entre les rues Dusevel et des Sergents.

Le monôme

À la fin XIXe siècle, le monôme était une manifestation étudiante sous la forme d’un cortège ou d’une procession en file indienne. À Amiens au XXeme siècle les étudiants faluchards défilaient en cohorte et chantaient de nombreuses paillardes, en traversant le centre ville qui accueille en cette période le marché de noël, jusqu’à la place Marie sans chemise, où les Grand-Maître Faluchards remettaient à Marie sans Chemise une faluche qui comporte les couleurs de toutes les disciplines, des étudiants faluchards amiennois .
Les Carabins attachaient alors des demoiselles volontaires avec des blouses de médecins autour de Marie sans Chemise ; avant de chanter l’hymne des Faluchards.
Aujourd’hui, les jeunes filles en blouse ont disparu mais les traditions perdurent.